La Voie Sacrée

Il y a 100 ans, naissait sur la Voie Sacrée une nouvelle forme de logistique dans l’approvisionnement d’une armée au combat : l’utilisation massive et ininterrompue de moyens automobiles lors de la bataille de Verdun, afin de pourvoir le front en hommes, en munitions et en matériels de tranchées. Ce succès incontestable modifiera définitivement la façon d’organiser la logistique des armées.

L’histoire de la réussite de cet évènement unique, qui s’est passé sur la Voie Sacrée entre les mois de février et juin 1916 derrière le front de Verdun, est incontestablement liée au développement des Services Automobiles, un organe tout à fait confidentiel des armées de la République Française au début du conflit.

1914 : Le tout premier acte de logistique utilisant les moyens automobiles d’une industrie naissante s’est déroulé en septembre 1914 lors de l’épopée des « Taxis de la Marne » lorsque le général Gallieni a réquisitionné 600 taxis parisiens. Cet épisode a révélé tout l’intérêt de l’automobile dans les transports de troupe, mais l’armée manquait encore de moyens et d’une organisation adaptée.

1915: La stabilité du front permet à l’état major de passer de massives commandes de camions pour constituer de nouvelles Sections Automobiles.

1916 : C’est la bataille de Verdun, avec la « Voie Sacrée », qui reste sans conteste le fait révélateur d’une organisation rationnelle et appliquée d’une logistique moderne (les régulatrices autos), adaptée à une armée nécessitant une mobilité plus réactive. Cela va confirmer l’idée d’une utilisation encore plus massive du camion, et inciter les chefs militaires à passer davantage de commande en France et à l’étranger.

1917 : l’état-major généralise sur le front la mise en place des régulatrices automobiles qui vont optimiser les moyens de transport.

1918 : la réactivité des troupes alliées, par leur plus grande mobilité organisée par les Services Automobiles, va permettre de contenir les dernières attaques allemandes, puis de renverser enfin la tendance, ce qui fera dire au général Ludendorff, qui dirigeait la stratégie allemande : « La victoire française de 1918 est la victoire du camion français sur le rail allemand ».

Le Service Automobile avait démontré le rôle désormais incontournable du transport motorisé dans la conduite d’une guerre.